Biographie

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Rido Bayonne – l’histoire d’un pionnier de la musique

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Rido Dieudonné BAYONNE (Bayonne est son véritable nom de famille, porté de père en fils depuis trois siècles) naît en 1947 à Pointe Noire au Congo, où il hérite de la richesse inépuisable des musiques et rythmes africains. Dès son enfance, il tape sur des troncs d’arbres et des caisses, rêvant de jouer à la guitare. Ses idoles d’alors sont Serge Essous, Nino Malapet et Joseph Kabasele. A l’âge de 13 ans, découvert par l’Orchestre « Les Bantous de la Capitale », il devient le batteur le plus populaire du Congo. Ensuite il vit 10 ans dans une famille d’adoption à Douala, au Cameroun. Il y apprend la guitare avec le père de la guitare congolaise moderne, Tino Barosa. Il fait ses débuts dans les clubs de l’époque, dont le Castel et le Saint-Hilaire. C’est à Paris qu’il approfondit la guitare et la basse et nous le retrouvons rapidement comme bassiste aux côtés de grandes vedettes de la chanson française et internationale, tels que Graeme Allright et Maxime Le Forestier.

En 1972, Rido Bayonne crée le groupe « Spheroe » avec Michel Perez, Gérard Maimone et Patrick Garel. Ils enregistrent les albums « Spheroe » et « Primadonna ». A la demande du metteur en scène Georges Lavaudant, ils composent et interprètent la musique de deux pièces de théàtre : « Palazzo Mentale » et « le Roi Lear ». En 1978, Rido Bayonne rencontre le célèbre harmoniciste américain Sugar Blue.

Il devient son bassiste attitré, puis son compositeur et chef d’orchestre. Ensemble, ils composent et enregistrent « From Chicago to Paris » et partent en tournée en Europe et aux Etats-Unis. 1979 voit la sortie d’un 45 tours « Rido and James », suivi en 1982 d’« Eyano », un 33 tours, deux albums par lequels il signe définitivement ses talents d’arrangeur, de directeur artistique et de musicien multi-instrumentiste. Il côtoie nombre de vedettes internationales comme James Brown, Dizzy Gillespie, Jaco Pastorius

Passionné par la composition novatrice, puisant son inspiration dans ses multiples expériences musicales, Rido Bayonne crée son Grand Orchestre en 1983. L’aventure est de taille, à la mesure de son ambition et de son exigence. Sur scène, ce chef d’orchestre charismatique réunit ses 18 musiciens en une seule inspiration, un seul cœur qui bat. Avec son Grand Orchestre, Rido Bayonne peut finalement tout rassembler : l’Afrique tend la main à l’Europe, le Nord rencontre le Sud, la Rumba du Congo s’accouple avec le Makossa du Cameroun … le jazz, le funk et la musique classique fédérant l’ensemble ! Les festivals et concerts s’enchaînent, dont les Fêtes de Bayonne en 1995, où il est l’invité d’honneur de la ville pendant une semaine. Le concert live donné à cette occasion devient l’album « Gueule de Black », produit par la Scène Nationale de Bayonne sous le label « Jazz aux Remparts ». Rido Bayonne s’embarque ensuite sur un projet d’une envergure peu commune : pendant 5 années, il prépare, enregistre, coordonne 150 musiciens, écrit des textes dans 14 langues et tisse ensemble une profusion de styles pour donner naissance à son Hymne à la Vie et à l’Harmonie Universelle. L’album nommé « A Cœurs et Ames » sort en octobre 2001. En 2002, il retrouve sa patrie africaine. Il part en tournée avec son Grand Orchestre, sous l’égide des Centres Culturels français du Congo et du Cameroun. C’est cette tournée qui lui inspirera son futur album « Douala-Brazza ». (-ville). De retour en Afrique en 2004, à l’occasion du Festival « Jazz à Ouaga », (Ouagadougou, Burkina Faso), sa célébrité attire des douzaines de jeunes musiciens, désireux d’apprendre de lui. En effet, Rido BAYONNE est aussi un révélateur de talents et un professeur infatigable. L’année suivante, il organise un atelier musical de six semaines avec 18 de ces musiciens prometteurs, créant ainsi le Jazz Orchestra du Burkina, le « JOB ». Leur premier concert est un succès spectaculaire qui ne s’est jamais démenti.

En 2005, Rido Bayonne et son grand Orchestre participent au « Fespam », le Festival Panafricain de Musique au Congo. 2006 voit la sortie du single « Hommage à la Femme », un hommage à toutes les femmes du monde, en 4 chansons. Rido Bayonne anime également un atelier de musique au Congo et crée l’Orchestre « Kongo Groove System », avec ‘ses enfants du pays’. L’année suivante, il assure l’ouverture et la clôture du « Fespam » avec le « Kongo Groove System ». Toujours précurseur, il invite des chanteurs Pygmées à se joindre à l’Orchestre au grand final … et la performance reçoit une … ovation debout ! En 2007, Rido Bayonne produit l’album « Douala-Brazza » : 97 musiciens rendent un hommage vibrant à ses deux patries, son Congo natal et son Cameroun adopté. Toujours en 2007, Rido Bayonne fête son 60ème anniversaire à Paris avec éclat : 2 semaines de concerts avec son Grand Orchestre (qui compte maintenant 60 musiciens) et pas moins de 200 musiciens invités de partout, ‘ses enfants’, comme ils aime les appeler, tous impatients de se joindre à la fête en l’honneur de leur ‘Tonton Rido’. Sorti en 2008, « Rido Bayonne, Born in Africa », est le titre d’un documentaire écrit, réalisé et dirigé par Dom Pedro et produit par Grenade Productions. Ce film marque les 30 ans de carrière internationale de Rido Bayonne qui appartient désormais au club très fermé des géants de la scène musicale mondiale.

Aujourd’hui, Rido Bayonne est reconnu par de nombreux artistes renommés comme un ‘Maître’, une référence, voire même une ‘institution’. Nombreux sont ceux qui ont découvert ou affirmé leur personnalité musicale après avoir été à son école, notamment Etienne M’Bappé, Paco Sery, Assitan Dembélé, Michel Alibo, Jean-Pierre Como, Christian Martinez, Nicolas Guéret, Pierre Chabrèle, Christian Templet, Angeline Annonier, Bessy Gordon-Roy, Isabelle Gonzalez, Hervé Cavelier, Emile Parisien, Richard Bona, Hadrien Feraud, Sista Clarisse et bien d’autres …

Mélodiste, compositeur, arrangeur, musicien et chef d’orchestre hors pair, Rido Bayonne évolue dans une classe à part. Son don est de façonner une forme de musique véritablement révolutionnaire, profondément enracinée dans la tradition et riche de sa diversité culturelle : le violon se frotte au tambour, le Français au Lingala, l’Anglais au Malgache… aboutissant à une célébration de la Vie dans toutes ses expressions : un vrai feu d’artifice !

Claire Finlay & Jane Tucker